Vous n'avez qu'une minute ?
Le problème : des modules génériques qui ignorent vos procédures et la réalité de vos patients, des prestataires dont dépend chaque mise à jour, des experts qui n'ont qu'une ou deux heures par semaine, et une accréditation à préparer.
Ce que j'ai fait : accompagner deux équipes hospitalières, dans un centre hospitalier en Brabant wallon et une clinique à Namur, pour qu'elles créent elles-mêmes leurs modules, de l'analyse des apprenants à la mise en ligne.
Le résultat : deux modules publiés, et un troisième conçu en autonomie par l'équipe formée, sur un sujet non clinique. Une deuxième équipe est en cours d'accompagnement.
Outils : Articulate Rise, H5P, Talentsoft, Moodle, Notion.
Beaucoup d'hôpitaux rencontrent la même situation. Les modules eLearning génériques existent, mais ils ne reprennent ni les procédures internes, ni les outils du quotidien, ni la réalité des patients de l'établissement. Les modules réalisés sur mesure par un prestataire répondent à ce besoin, mais chaque mise à jour repasse par lui.
Les experts qui connaissent le mieux le sujet, médecins, infirmiers, référents qualité, n'ont souvent qu'une ou deux heures par semaine à y consacrer. Ils maîtrisent le fond, sans formation à la conception pédagogique.
À cela s'ajoute l'échéance de l'accréditation : il faut pouvoir prouver que le personnel est formé, alors que les formations obligatoires suscitent rarement l'enthousiasme.
Au centre hospitalier, l'enjeu était particulier. Une partie des patients souffre de troubles neurologiques et ne peut pas toujours répondre aux questions relative à son identité. Les bonnes pratiques de vérification de l'identité devaient donc être adaptées à cette réalité. Un module générique ne pouvait pas le faire.
À la clinique, l'équipe de prévention des infections, composée de médecins et d'infirmiers, souhaitait créer un module sur la prévention de la transmission des bactéries multirésistantes. Elle voulait aussi apprendre à produire elle-même les modules suivants.
Mon accompagnement se déroule sur trois mois. Il suit une démarche en étapes : préparer, cadrer, dessiner, créer, tester et diffuser. Chaque étape produit un livrable sur lequel s'appuie la suivante.
Un cadre de travail qui résiste aux imprévus. Tout le projet vit dans un espace Notion partagé : ressources, tâches, livrables et calendrier. Une personne référente coordonne l'équipe et valide les décisions. Entre les séances, un groupe WhatsApp sert de hotline pour débloquer rapidement une question. Ce cadre permet à une nouvelle personne de reprendre le projet à tout moment.
Partir des apprenants réels. À la clinique, l'équipe a mené une enquête et quatre entretiens auprès de collègues. Elle en a tiré deux personas : une infirmière expérimentée et une médecin hospitalière. Ces portraits guident ensuite chaque choix : durée des modules, ton, exemples.
Une signature pédagogique comme feuille de route. Ce document synthétise l'analyse. Il décrit l'écart entre ce qui se passe aujourd'hui dans les services et ce que l'on veut observer après la formation. Il précise aussi ce que la formation ne réglera pas, et qui s'en chargera : organisation, direction médicale, prestataires. Cette clarté protège le projet des promesses implicites.
De plus de 100 slides à une dizaine de notions essentielles. Les équipes disposent souvent de présentations très complètes. Pour sélectionner le contenu, nous partons d'une question simple : quelle erreur vos apprenants commettent-ils quand ils ne sont pas formés ? Chaque erreur retenue devient une fiche : situation type, bonne pratique, raison, conséquence. Le module se construit ensuite autour de mises en situation tirées du terrain.
Des modules courts, ancrés dans l'établissement. Au centre hospitalier, les modules reprennent les procédures internes, le logiciel de dossier patient, le bracelet d'identification et des incidents réellement déclarés. Des collaborateurs y apparaissent en vidéo. Les activités suivent une progression simple : accrocher, comprendre, s'exercer, relier à sa pratique.
Tester avant de diffuser. Le prototype a été testé par des collaborateurs aux profils variés : soins, logistique, informatique, ressources humaines, communication. Le test se déroule en trois temps : parcours individuel du module, questionnaire, puis discussion de groupe. Avant la mise en ligne, trois relecteurs vérifient chacun un aspect : le contenu, l'ergonomie et les textes. Ce qui se transpose à d'autres établissements : la démarche, les gabarits, les ateliers et la boîte à outils restent dans l'organisation et servent pour les modules suivants.




Ce qu'en disent les personnes accompagnées
— Mélanie K., membre du service Formations d’un centre hospitalier en Brabant wallon
— Elodie P., responsable de Formations d’un centre hospitalier en Brabant wallon
Au centre hospitalier, les modules sur l'hygiène des mains et sur l'identito-vigilance ont été publiés sur la plateforme de l'établissement. Ils concernent environ 426 professionnels. L'équipe a ensuite enchaîné sur la conception d'un troisième module, en autonomie, consacré au risque incendie. Ce sujet n'est pas clinique : la démarche s'applique aussi à d'autres services de l'hôpital. Lors du test du prototype, les participants ont jugé les consignes claires et la navigation intuitive. Ils ont apprécié le format court, la variété des activités et la présence de cas et de visages de l'établissement. Tous recommanderaient le module à un collègue.
À la clinique, l'accompagnement est en cours. La signature pédagogique est validée et le contenu a été sélectionné. Au départ, les quatre membres de l'équipe évaluaient leurs compétences en digital learning entre 1 et 7 sur 10. Ils referont cette auto-évaluation en fin de parcours pour mesurer leur progression.
